Prêts du FMI

le 22 février 2021

Le FMI aide les pays touchés par une crise en leur apportant un appui financier qui leur donne la marge de manœuvre nécessaire pour faire des ajustements et rétablir la stabilité financière et la croissance. Il accorde également des financements à titre de précaution pour aider les pays à prévenir les crises ou à s’en prémunir. Les instruments de financement du FMI sont en constante évolution pour répondre aux besoins changeants de ses pays membres.

Pourquoi des crises se produisent-elles ?

Les crises ont des causes variées et complexes, qui peuvent être d’origine intérieure, extérieure, ou les deux à la fois.

  • Les facteurs intérieurs sont, notamment, des politiques budgétaires et monétaires inadaptées, qui peuvent provoquer d’importants déséquilibres économiques (par exemple, des déficits budgétaires et du compte courant considérables, ainsi que de lourdes dettes extérieures et publiques) ; la fixation du taux de change à un niveau inadéquat, qui peut éroder la compétitivité et engendrer des déficits extérieurs persistants ainsi que la perte de réserves officielles ; ou un système financier précaire, qui peut se traduire par l’alternance de phases d’essor suivies par un effondrement de l’activité. L’instabilité politique ou la faiblesse des institutions peuvent aussi provoquer des crises en exacerbant les facteurs de vulnérabilité économique.
  • Les facteurs extérieurs comprennent divers types de chocs, tels que des catastrophes naturelles ou de fortes fluctuations des cours des produits de base. Ce sont là des causes de crises communes, en particulier pour les pays à faible revenu qui ont peu de moyens pour se préparer à faire face à de tels chocs et qui sont tributaires d’une gamme réduite de produits d’exportation. Par ailleurs, dans une économie de plus en plus mondialisée, les sautes d’humeur du marché peuvent rendre les flux de capitaux volatils. Même les pays dotés de solides paramètres fondamentaux peuvent être durement touchés par les politiques et les crises économiques émanant d’autres pays. La pandémie de COVID-19 constitue un autre exemple de choc extérieur touchant des pays sur toute la planète.

Qu’elles soient d’origine intérieure ou extérieure, les crises peuvent revêtir des formes très diverses : des difficultés de balance des paiements se produisent lorsqu’un pays n’est pas en mesure de régler des importations essentielles ou d’assurer le remboursement de sa dette extérieure ; des crises financières surgissent lorsque les établissements financiers sont insolvables ou manquent de liquidités ; et des crises budgétaires surviennent lorsque le déficit budgétaire et l’endettement sont excessifs. Souvent, les pays qui font appel au FMI sont confrontés à plusieurs formes de crises à mesure que les difficultés d’un secteur se répercutent dans l’ensemble de l’économie. Les crises provoquent souvent un brusque ralentissement de la croissance, une hausse du chômage, une baisse des revenus et une augmentation de l’incertitude qui provoquent de profondes récessions. En cas de crise aiguë, il peut devenir impossible d’éviter des situations de défaut de paiement ou de restructuration des dettes souveraines.

En quoi les financements du FMI peuvent-ils aider ?

Les financements du FMI ont pour objet de donner aux pays une marge de manœuvre suffisante pour leur permettre d’appliquer des politiques d’ajustement de manière ordonnée, et ainsi rétablir des conditions propices à une économie stable et à une croissance durable. Les mesures à prendre dépendent des circonstances de chaque pays. Par exemple, un pays confronté à une brusque chute des prix de ses principales exportations peut avoir besoin d’une aide financière tandis qu’il prend des mesures pour renforcer son économie et élargir la base de ses exportations. Un pays confronté à de fortes sorties de capitaux pourrait devoir s’attaquer aux causes profondes de la perte de confiance des investisseurs — il se peut que les taux d’intérêt soient trop bas, que le déficit budgétaire et l’encours de la dette augmentent trop rapidement, ou que le système bancaire soit inefficace ou mal réglementé.

Sans financement du FMI, le processus d’ajustement du pays pourrait être plus brusque et difficile. Par exemple, si les investisseurs ne sont pas prêts à accorder de nouveaux financements, le pays n’aura guère le choix que de procéder à un ajustement — souvent sous la forme d’une douloureuse compression des dépenses publiques et des importations et d’un ralentissement de l’activité économique. Les financements du FMI facilitent un ajustement plus progressif et soigneusement pensé. Dans la mesure où ils sont d’ordinaire assortis de mesures correctrices, les financements du FMI sont aussi une forme de garantie que les politiques appropriées sont mises en œuvre.

Les instruments de prêt du FMI sont adaptés aux différents types de besoins de financement de la balance des paiements ainsi qu’à la situation spécifique de chacun de ses pays membres (voir le tableau). Tous les pays membres du FMI ont le droit d’accéder aux ressources du FMI dans le cadre du compte des ressources générales (CRG) à des conditions non concessionnelles, mais le FMI fournit également un soutien financier concessionnel (actuellement à un taux d’intérêt nul jusqu’en juin 2021) au titre du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (fonds fiduciaire RPC — voir « Le soutien du FMI aux pays à faible revenu »), qui est mieux adapté à la diversité des pays à faible revenu et à leurs besoins. Jusqu’à présent, la majeure partie de l’aide apportée par le FMI aux pays émergents et aux pays avancés confrontés à une crise a pris la forme d’accords de confirmation visant à résoudre des problèmes de balance des paiements immédiats ou potentiels. La facilité de crédit de confirmation (FCC) remplit une fonction similaire pour les pays à faible revenu. Le mécanisme élargi de crédit (MEDC) et la facilité élargie de crédit (FEC) correspondante pour les pays à faible revenu sont les principaux outils dont dispose le FMI pour aider à moyen terme les pays à faible revenu confrontés à des difficultés prolongées de balance de paiements. Le recours à ces mécanismes a considérablement augmenté depuis la crise financière mondiale, ce qui témoigne de la nature structurelle des problèmes de balance des paiements que rencontrent certains pays membres.

Pour prévenir ou atténuer les crises et rehausser la confiance des marchés en temps de risque élevé, les pays membres qui mènent déjà une solide politique économique peuvent utiliser la ligne de crédit modulable (LCM) et la ligne de précaution et de liquidité (LPL).

L’instrument de financement rapide (IFR) et la facilité correspondante pour les pays à faible revenu, la facilité de crédit rapide (FCR), fournissent une assistance rapide aux pays éprouvant des besoins urgents en matière de balance des paiements, notamment attribuables à des chocs engendrés par les prix des produits de base, à des catastrophes naturelles ou à des facteurs de fragilité intérieurs.

En fonction des circonstances propres à chaque pays membre, les programmes appuyés par le compte des ressources générales sont conçus pour résoudre, pendant la période du programme, les difficultés liées à la balance des paiements du pays, tandis que les programmes au titre du fonds fiduciaire RPC envisagent de remédier à de telles difficultés sur une plus longue période.

Les prêts du FMI en pratique

Le FMI a réagi à la crise du coronavirus à une vitesse sans précédent et avec un concours financier d’envergure inédite pour aider les pays à protéger les plus vulnérables et à jeter les bases de la reprise économique. Pour en savoir plus sur la riposte du FMI face à la COVID-19, cliquez ici.

Le FMI apporte un soutien financier pour répondre aux besoins de financement de la balance des paiements à la demande de ses pays membres. Contrairement aux banques de développement, le FMI n’accorde pas de prêts pour des projets spécifiques. Lorsqu’il reçoit une telle demande, une équipe de ses services évalue avec les autorités la situation économique et financière et l’ampleur des besoins de financement globaux du pays, et convient avec elles des mesures qu’il importe de prendre en la circonstance. 

En règle générale, les autorités du pays et le FMI doivent s’entendre sur un programme économique avant que le FMI ne mette des ressources à la disposition du pays. Les engagements pris par un pays de prendre certaines mesures, qualifiés de « conditionnalité », font dans la plupart des cas partie intégrante des prêts du FMI (voir le tableau). Le programme qui sous-tend un accord est habituellement soumis au conseil d’administration du FMI sous la forme d’une « lettre d’intention » et est présenté en détail dans un « protocole d’accord technique ».

Les progrès sont généralement mesurés sur la base de l’exécution des mesures du programme. Toutefois, dans le cadre de certains accords, les pays peuvent bénéficier des ressources du FMI sans être assujettis à de telles conditions ou en n’étant assujettis qu’à des conditions limitées, lorsqu’ils ont déjà montré leur volonté de mener une politique saine (LCM ou LPL) ou lorsque ces accords sont conçus pour répondre à un besoin urgent ou immédiat, par exemple en raison du caractère transitoire ou restreint du choc, ou lorsque les capacités de mise en œuvre du pays sont insuffisantes, notamment à cause de facteurs de fragilité (IFR, FCR). Le rétablissement de la santé économique et financière d’un pays garantit le remboursement des fonds du FMI, ce qui permet à ce dernier de mettre ses ressources à la disposition d’autres pays membres.

Une fois qu’un accord a été conclu sur les politiques à mener et sur un programme de financement, le conseil d’administration du FMI reçoit la recommandation d’approuver la lettre d’intention du pays et de lui accorder l’accès aux ressources du FMI. Ce processus peut être accéléré dans le cadre du mécanisme de financement d’urgence du FMI.

** Remarque : L’ISPE et l’ICPE ne fournissent pas de soutien financier, mais l’ISPE est un instrument propre au fonds fiduciaire RPC, tandis que l’ICPE s’applique tant au fonds fiduciaire RPC qu’au CRG.

Pour en savoir plus sur les accords de prêt entre le FMI et les pays membres, cliquez ici.

Pour consulter une synthèse hebdomadaire de l’aide financière apportée aux pays membres en appui à leurs programmes, cliquez ici.