L'instrument de financement rapide du FMI (IFR)

le 1 mars 2022

L’instrument de financement rapide (IFR) du FMI peut offrir une assistance financière rapide à tous les pays membres qui ont un besoin urgent de financement de la balance des paiements. Cet instrument a été créé dans le cadre d’une réforme plus large destinée à accroître la souplesse du dispositif de prêts de l’institution pour lui permettre de répondre aux besoins divers des pays membres. L’IFR a remplacé le précédent instrument d’aide d’urgence du FMI et peut être utilisé dans des circonstances très variées.

Soutien rapide face à des besoins urgents de financement de la balance des paiements

L’IFR offre aux pays membres qui connaissent des besoins urgents de financement de leur balance des paiements un concours financier rapide avec un faible niveau d’accès, sans qu’il soit nécessaire de disposer d’un programme à part entière. Ce soutien peut couvrir un large éventail de besoins urgents, y compris ceux qui sont provoqués par des chocs de prix des produits de base, des catastrophes naturelles, des conflits, des situations post-conflit et des urgences entraînées par la fragilité du pays. L’IFR, un mécanisme unique et souple dont la couverture est large, a remplacé le dispositif précédent du FMI qui englobait l’aide d’urgence à la suite de catastrophes naturelles et l’aide d’urgence post-conflit.

Tous les pays membres peuvent faire recours à l’IFR, mais il est plus probable que les pays admis à bénéficier de financements du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (fonds fiduciaire RPC) aient recours à la facilité de crédit rapide (FCR), un dispositif semblable qui offre des financements concessionnels. L’IFR a été conçu pour faire face à des situations dans lesquelles il importe de couvrir de manière urgente un besoin de financement de la balance des paiements pour éviter des perturbations économiques graves et immédiates, mais où un programme économique à part entière n’est pas nécessaire ou n’est pas faisable. Le premier cas peut être celui d’un pays confronté à un choc provisoire et limité, et le deuxième, celui d’un pays dont la capacité de conception ou d’exécution d’une politique économique est restreinte, notamment en raison de l’urgence des besoins de financement de la balance des paiements ou d’une situation de fragilité. L’IFR comporte deux guichets : i) un guichet ordinaire pour les situations susmentionnées, assorti de limites d’accès de 50 % de la quote-part par période de 12 mois et de 100 % de la quote-part sur une base cumulée, et ii) un guichet prévu pour les catastrophes naturelles de grande ampleur, pour les cas où les dégâts résultant d’une catastrophe naturelle sont évalués à au moins 20 % du PIB, assorti de limites d’accès de 80 % de la quote-part par période de 12 mois et de 133,33 % de la quote-part sur une base cumulée.

Pour faire face à l’urgence et à l’ampleur des besoins de financement des pays membres engendrés par la COVID-19, les limites d’accès de ces guichets ont été provisoirement relevées jusqu’au 31 décembre 2021. Depuis le 1er janvier 2022, les limites d’accès annuel du guichet ordinaire et du guichet pour catastrophe naturelle de grande ampleur ont été ramenées à leurs niveaux prépandémiques de 50 % et de 80 % de la quote-part, respectivement. Cependant, les limites d’accès cumulé de ces deux guichets resteront à 150 % et à 183,33 % de la quote-part, respectivement, jusqu’au 30 juin 2023.

Le montant auquel chaque pays peut avoir accès dépend de ses besoins de financement de la balance des paiements, de sa capacité à rembourser, de l’encours de ses crédits envers le FMI et de la manière dont il a utilisé les ressources du FMI par le passé. L’assistance financière fournie au titre de l’IFR est soumise aux mêmes conditions de financement que la ligne de crédit modulable  (LCM), la ligne de précaution et de liquidité (LPL) et les accords de confirmation ; elle doit être remboursée dans les 3 ¼ à 5 ans.

L’aide financière au titre de l’IFR est fournie sous la forme d’achats directs sans qu’il soit nécessaire de mettre en place un programme à part entière ou de procéder à des revues. Un pays membre qui sollicite une assistance au titre de l’IFR doit s’efforcer, en coopération avec le FMI, de résoudre ses difficultés de financement de la balance des paiements et de décrire les politiques économiques générales qu’il se propose de mener. Des mesures préalables peuvent être requises, le cas échéant.

Action plus vaste du FMI

Les financements accordés au titre de l’IFR prennent souvent la forme d’achats ponctuels face à des besoins urgents de financement de la balance des paiements d’une durée limitée, mais il est possible d’envisager une utilisation répétée de ces concours. Cette utilisation répétée est possible sur une période de trois ans, sous réserve des limites d’accès annuel et cumulé, si le besoin de financement de la balance des paiements est causé principalement par un choc exogène ou si le pays présente des antécédents de politique macroéconomique satisfaisants, notamment par le biais d’un programme de référence, avant de soumettre sa demande.

De même que dans le cadre de la FCR, le FMI peut fournir, outre les concours d’urgence au titre de l’IFR, une assistance technique destinée à renforcer les capacités nationales à mettre en œuvre des politiques macroéconomiques exhaustives. Cette assistance peut porter sur le renforcement des capacités statistiques et la création et l’organisation d’institutions budgétaires, monétaires et de change qui contribuent à améliorer les capacités dans les domaines de la fiscalité et des dépenses de l’État, ainsi que les opérations de paiement, de crédit et de change.