Le conseil d’administration du FMI approuve un accord au titre de la facilité élargie de crédit d’un montant de 3 milliards de dollars en faveur du Ghana

le 17 mai 2023

  • Le conseil d’administration du FMI approuve un accord sur 36 mois au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) de 2,242 milliards de DTS (soit environ 3 milliards de dollars) en faveur du Ghana. Cette décision permettra de décaisser immédiatement l’équivalent de 451,4 millions de DTS (soit environ 600 millions de dollars).
  • Le programme économique des autorités, soutenu par l’accord au titre de la FEC, s’appuie sur le programme postpandémie mis en place par le pays pour stimuler la croissance économique, qui vise à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette en mettant en œuvre des réformes de grande envergure qui renforcent la résilience et posent les bases d’une croissance plus forte et plus inclusive.
  • Il sera essentiel de conclure en temps voulu des accords de restructuration de la dette avec les créanciers extérieurs pour réussir la mise en œuvre du nouvel accord au titre de la FEC.

Washington, DC: Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé en faveur du Ghana un accord sur 36 mois au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant de 2,242 milliards de DTS (soit environ 3 milliards de dollars ou 304 % de la quote-part du Ghana). Le programme s’appuie sur le programme postpandémie mis en place par le pays pour stimuler la croissance économique, qui vise à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette en mettant en œuvre des réformes de grande envergure qui renforcent la résilience et posent les bases d’une croissance plus forte et plus inclusive.

La décision du conseil d’administration permettra de décaisser immédiatement l’équivalent de 451,4 millions de DTS (soit environ 600 millions de dollars) en faveur du Ghana.

Les grands chocs extérieurs de ces dernières années ont exacerbé les vulnérabilités existantes du Ghana liées à son budget et à sa dette. Le pays a ainsi perdu l’accès au marché international et doit composer avec un financement intérieur de plus en plus restreint ainsi qu’avec une dépendance au financement monétaire du budget. La diminution des réserves internationales, la dépréciation du Cedi, la hausse de l’inflation et la détérioration de la confiance des investisseurs nationaux ont fini par déclencher une crise profonde. Les autorités ont pris des mesures audacieuses pour surmonter ces difficultés majeures, notamment en accélérant le rééquilibrage des finances publiques. Elles ont également lancé une restructuration complète de la dette pour faire face aux graves contraintes de financement et au problème de viabilité de la dette. Il sera essentiel de conclure en temps voulu des accords de restructuration de la dette avec les créanciers extérieurs pour réussir la mise en œuvre du nouvel accord au titre de la FEC.

Les principales politiques du programme des autorités prévoient entre autres un assainissement budgétaire précoce et de grande envergure pour ramener les finances publiques sur une trajectoire viable, auquel s’ajouteront des mesures pour protéger les personnes vulnérables. Cet effort d’ajustement sera soutenu par des réformes structurelles ambitieuses dans plusieurs domaines : politique fiscale, administration des recettes et gestion des finances publiques. Des mesures visant à remédier aux faiblesses des secteurs de l’énergie et du cacao seront aussi à l’ordre du jour. La mise en place de politiques monétaires suffisamment strictes et de taux de change flexibles contribuera à ramener l’inflation en deçà de 10 % et à reconstituer les réserves internationales. Le programme s’efforce également de préserver la stabilité financière et de stimuler l’investissement privé et la croissance.

Il aidera le Ghana à surmonter les défis immédiats en matière de politique et de financement, notamment grâce à son effet catalyseur favorisant la mobilisation de financements extérieurs auprès des partenaires pour le développement et la restructuration de la dette qui est en cours.

Au terme des délibérations du conseil d’administration sur le Ghana, Madame Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, a fait la déclaration suivante :

« Les effets des chocs externes importants combinés à la dette et aux vulnérabilités budgétaires existantes du Ghana ont précipité le pays dans une grave crise économique et financière. Face à cette situation, les autorités ont lancé un vaste programme de réformes, qui sera soutenu par l’accord conclu au titre de la FEC. Ses objectifs principaux sont le rétablissement de la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, ainsi que la mise en œuvre de réformes de grande envergure pour renforcer la résilience et jeter les bases d’une croissance plus forte et plus inclusive.

« L’assainissement des finances publiques est un élément central du programme. Un rééquilibrage substantiel et concentré en début de période a commencé avec la loi de finances 2023. L’augmentation des recettes et la rationalisation des dépenses iront de pair avec des politiques visant à protéger les ménages vulnérables et à créer une marge de manœuvre qui permettra à moyen terme d’augmenter les dépenses en faveur de la protection sociale et du développement. Afin d’installer une discipline budgétaire de manière durable, les autorités poursuivent également les réformes visant à accroître la mobilisation des recettes intérieures, à renforcer la gestion des finances publiques et à relever les défis majeurs dans les secteurs de l’énergie et du cacao. Elles ont également lancé une restructuration complète de la dette pour faire revenir celle-ci sur une trajectoire viable.

« Il est primordial de préserver la stabilité du secteur financier pour que le programme soit un succès. Etant donné l’impact de la restructuration de la dette intérieure sur le bilan des institutions financières, es autorités concevront et mettront en œuvre une stratégie globale pour reconstituer rapidement les réserves des institutions financières et pour sortir de l’assouplissement temporaire des contraintes réglementaires.

« Dans le cadre du programme, les politiques monétaires et de change viseront essentiellement à maîtriser l’inflation et à reconstituer des réserves de change. La Banque du Ghana continuera de resserrer sa politique monétaire jusqu’à ce que l’inflation revienne sur une trajectoire résolument décroissante et mettra fin au financement monétaire du budget. La banque centrale renforcera également la flexibilité du taux de change et limitera les interventions de change pour reconstituer les réserves extérieures.

Un agenda ambitieux de réformes structurelles est en train d’être mis en place pour revigorer une croissance tirée par le secteur privé, en améliorant le climat des affaires, la bonne gouvernance, et la productivité. »

Ghana : principaux indicateurs économiques et financiers, 2021–27

2021

2022

2023

2024

2025

2026

2027

Effectif

Est.

Proj.

Proj.

Proj.

Proj.

Proj.

(variation annuelle en %, sauf indication contraire)

Comptes nationaux et prix

PIB à prix constants

5,4

3,2

1,5

2,8

4,7

5,0

5,0

PIB (hors industries extractives)

8,4

1,9

0,7

2,2

4,4

4,8

5,0

PIB (industries extractives)

-12,1

12,7

6,1

6,4

6,5

5,9

5,0

PIB réel par habitant

3,3

1,0

-1,1

0,2

2,1

2,3

2,4

Déflateur du PIB

11,2

29,8

39,9

20,1

10,9

7,6

7,6

Indice des prix à la consommation (fin de période)

12,6

54,1

29,4

15,0

8,0

8,0

8,0

Indice des prix à la consommation (moyenne annuelle)

10,0

31,9

44,0

22,2

11,5

8,0

8,0

(en pourcentage du PIB, sauf indication contraire)

Budget de l’administration centrale

Recettes

15,3

15,7

16,8

17,3

17,8

18,7

18,7

Dépenses (base engagements)

27,4

26,7

24,3

25,3

24,5

23,9

23,3

Solde global (base engagements)

-12,1

-11,0

-7,5

-8,0

-6,7

-5,2

-4,6

Solde primaire (base engagements)

-4,8

-3,6

-0,5

0,5

1,5

1,5

1,5

Solde primaire hors pétrole (base engagements)

-5,7

-5,6

-3,1

-1,7

-0,5

-0,5

-0,5

Dette publique (brute)

79,6

88,1

98,1

92,0

90,2

88,4

86,1

Dette intérieure

36,2

45,7

40,6

38,7

38,2

37,0

35,6

Dette extérieure

43,4

42,4

57,5

53,3

52,0

51,4

50,5

(variation annuelle en %, sauf indication contraire)

Monnaie et crédit

Crédit au secteur privé (banques commerciales)

11,1

31,8

24,4

17,0

13,0

15,0

15,0

Monnaie au sens large (M2+)

12,5

32,9

31,8

20,7

15,0

11,0

11,0

Vitesse de circulation (PIB/M2+ ; fin de période)

3,4

3,4

3,7

3,8

3,8

3,9

3,9

Monnaie centrale

19,9

57,3

18,9

17,4

12,5

10,6

13,0

Taux directeur (en pourcentage, fin de période)

14,5

27,0

...

...

...

...

(en millions de dollars, sauf indication contraire)

Secteur extérieur

Solde des transactions courantes (% du PIB)

-3,2

-2,1

-2,8

-2,3

-2,4

-3,0

-3,0

Écart de financement de la balance des paiements 1

...

...

4212

3301

4264

3282

1743

FMI

...

...

1200

720

720

360

0

Banque mondiale

...

530

420

350

250

0

Écart résiduel

...

...

2482

2161

3194

2672

1743

Réserves internationales brutes (si le déficit de financement est comblé, définition du programme) 2

5200

1441

1733

3270

5524

7824

9833

en nombre de mois d’importations de biens

et de services prévues

2,4

0,7

0,8

1,4

2,2

3,0

3,6

Réserves internationales brutes (définition de la Banque du Ghana) 3

9695

6238

...

...

...

...

Postes pour mémoire :

PIB nominal (en millions de GHS)

459131

615259

873138

1077423

1251506

1413822

1597076

Monnaie nationale/dollar (moyenne de la période)

5,8

8,4

...

...

...

...

Unités monétaires nationales par dollar américain (fin de période)

6,0

8,6

...

...

...

...

Sources : autorités ghanéennes ; estimations et projections des services du FMI.

1Financement supplémentaire nécessaire pour amener progressivement les réserves à au moins 3 mois d’importations d’ici 2026.

2La définition du programme exclut les fonds pétroliers, les actifs grevés et gagés.

3La définition de la Banque du Ghana inclut les fonds pétroliers, les actifs grevés et gagés.

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